La vie privée


La vie privée en ligne – comment bien la gérer?

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Les données personnelles de votre enfant sont précieuses… sur les réseaux sociaux, comme Facebook tout comme sur Internet en général. Apprenez-lui à partager des informations privées uniquement avec les gens qu’il connait et ne pas diffuser TROP d’informations à son sujet en ligne.  Selon une étude, 18 % des jeunes actifs sur un réseau social ont tendance à publier l’adresse de leur maison et 23 % leur numéro de téléphone sur leur profil. Profil qui, dans 1 cas sur 5, est ouvert à tout un chacun…

Nos conseils clefs :

  • Expliquez à votre enfant que ses données personnelles et ses informations privées sont importantes et précieuses. Elles pourraient être utilisées à des fins malintentionnées.
  • Alertez votre enfant sur les remarques en petits caractères et les cases cochées par défaut quand il lance une nouvelle application : il s’agit peut-être d’autorisations à la récupération ou à la commercialisation des données.
  • Expliquez-lui qu’en surfant sur le Net, même avec un pseudo, il/elle laisse des traces un peu partout : adresse IP, historique de navigation, mots-clés saisis dans un moteur de recherche, etc.

 Trois règles d’or à partager avec votre enfant :

  1. Tout ce que l’on publie sur Internet peut tomber dans le domaine public.
  2. Tout ce que l’on publie sur Internet peut être vu par tout le monde.
  3. Tout ce que l’on publie sur Internet peut y rester éternellement.

Pour plus de conseils sur comment bien gérer sa vie privée en ligne, rendez-vous sur Clicksafe.be : http://www.childfocus.be/fr/prevention/securite-en-ligne/parents/vie-privee-comment-la-gerer


Le droit à l’image, késako ?

Comme chaque personne, votre enfant dispose d’un droit exclusif sur son image. Il s’agit du « droit à l’image » : effectivement, tout un chacun a le droit de décider si une photo ou une vidéo sur laquelle il/elle apparaît distinctement peut ou non être publiée. Il faut également demander le droit de diffusion à l’auteur d’une image ou d’une vidéo.

Vous êtes responsable de votre enfant et donc tenu de donner votre autorisation de façon spécifique et explicite lorsqu’il s’agit de l’image de votre enfant (mineur). En pratique, un mineur âgé entre 12 et 14 ans a atteint l’âge du discernement pour donner lui-même  son consentement.

Plus d’informations à ce sujet, rendez-vous sur le site de la Commission de la protection de la vie privée.

Comment aborder ce thème avec mon enfant ?

  • Expliquez-lui ce qu’est le droit à l’image et l’importance de le respecter. Le principe est donc qu’il faut demander le consentement de la personne que vous souhaitez photographier ou filmer. Et si par après, vous souhaitez publier ces images, il vous faudra à nouveau lui demander son consentement. Il y a donc un double consentement à faire : un pour la prise de la photo et l’autre pour la diffusion !
  • Encouragez votre enfant à réfléchir avant de publieret à se poser les bonnes questions au préalable telles que : « Est-ce que je peux publier cette photo sur Facebook/Instagram/etc. ? »
  • Vérifiez ensemble régulièrement son image en ligne en entrant son nom dans les moteurs de recherche, par exemple sur Google.
  • Expliquez-lui que vous, en tant que parent, devez donner l’autorisation pour faire valoir son droit à l’image mais que vous tiendrez compte de son avis.
  • Identifiez ensemble des situations que votre enfant considère comme problématiques quant à la publication d’images non souhaitées. Par exemple, lorsque quelqu’un utilise sa photo sans son autorisation. De cette manière, vous aiguillez votre enfant dans sa réflexion sur la publication de données personnelles. Pour faciliter l’exercice, faites des liens avec la vie réelle en donnant des exemples concrets : « Imagine que ta photo apparaisse sur une affiche au milieu d’un centre commercial sans t’avoir demandé ton autorisation ! Cela ne te plairait pas, n’est-ce pas ? Alors, respecte le droit à l’image d’autrui. »

Note en lien avec le cyber-harcèlement : la diffusion de vidéos et de photos intimes ou humiliantes de la personne harcelée est fréquente dans des situations de cyber-harcèlement. Parfois, ce n’est pas l’image elle-même qui est humiliante, mais les commentaires qui y sont associés. Le droit à l’image peut être invoqué pour exiger le retrait de l’élément qui pose problème.

⇒ Lisez dans Le Ligueur un dossier sur les questions de harcèlement en ligne et sur les règles qui s’appliquent dans ce cas : https://www.laligue.be/leligueur/articles/harcelement-des-jeunes-sur-internet-quelles-regles-s-appliquent


Le droit à l’oubli, késako ?

Une photo embarrassante de votre enfant a été publiée, une vidéo gênante circule sur les réseaux sociaux et le gestionnaire du site Internet refuse de la supprimer ? Vous pouvez  éventuellement vous adresser à Google. Si l’image ou le nom de votre enfant apparaît sur différents sites web et qu’il est pratiquement impossible de prendre contact avec chaque gestionnaire de site distinct,  vous pouvez introduire la demande directement auprès d’un moteur de recherche tel que Google. Ce dernier ne va pas effacer le contenu mais fermera le chemin qui y mène.

Le droit à l’oubli signifie que vous pouvez demander à ce que vos données à caractère personnel ne soient plus traitées, donc par exemple qu’elles ne soient plus rendues publiques sur un site Internet déterminé, mais cela ne peut se faire que “pour des raisons sérieuses et légitimes tenant à [votre] situation particulière”. Concrètement, vous devez :

  • avoir une bonne raison pour demander la suppression de vos données. Autrement dit, “parce que vous n’aimez pas trop cela” ne sera pas une motivation suffisante.
  • pouvoir prouver que la publication de vos données est réellement dommageable pour vous ;
  • il doit s’agir également d’un cas spécifique (“situation particulière”).

Le fait que la demande concerne un mineur renforce sa validité.

Il s’agit donc d’un déréférencement du lien vers le contenu publié illicitement mais ceci ne supprime en aucun cas le contenu en lui-même, et qu’il faut donc toujours, en priorité, chercher à obtenir le retrait des photos ou vidéos intimes.

Comment faire ?

Pour de plus amples informations à ce sujet : www.privacycommission.be/fr/droit-a-loubli-details

 


L’avis d’un expert vs l’avis d’un parent : «est-ce que je peux publier des photos de mes enfants en ligne ?»

L’avis d’un expert :

« D’un point de vue juridique, il n’y a rien qui vous empêche de publier des photos de votre enfant mineur. Cependant, chaque enfant a droit à sa propre intimité et a son propre droit à l’image. La publication de ses photos peut aller à l’encontre de ces deux principes. Il est ainsi préférable de consulter son enfant et de lui demander son autorisation avant de publier quoi que ce soit. Et n’oubliez pas que si vous, en tant que parent, ne voulez pas que votre enfant poste une photo ou un message au détriment des autres sur Internet, ne le faites pas vous-même. »

L’avis d’un parent : Stéphanie, maman de filles de 12 et 8 ans

“Non, a priori, je ne m’autorise pas à publier des photos de mes enfants. Parce que, quoi qu’on nous dise sur la sécurité sur Facebook, je ne sais pas qui peut voir ces photos et quelles sont les intentions de ces visiteurs inconnus (même si souvent bonnes).

D’autre part, mes filles, avec leur peu de connaissance de Facebook, ne le souhaitent pas (et même si elles sont jeunes, ce sont des vraies personnes et je dois les respecter), tout comme moi je n’apprécie qu’à moitié les gens qui publient des photos de ma petite personne sans mon accord préalable…

Avec l’apparition d’autres moyens de communication comme WhatsApp qui me permet de savoir quels sont précisément mes destinataires, je parviens à résister à la tentation Facebook. Pareil pour mes filles qui en sont fans! Ce qui me rassure beaucoup.

Mais a posteriori je regrette certaines photos que je publie malgré tout, dans une envie furtive de vouloir partager avec mes proches (ou avec le monde entier?) des superbes photos de ma merveilleuse progéniture. Je le regrette et m’imposerai plus de discipline en 2017!”


Des images inappropriées de mon enfant circulent sur le net, que faire ?

Il faut agir rapidement car votre enfant pourrait en souffrir.  Vous pouvez vous y opposer en faisant appel à votre droit à l’image .

Le droit à l’image est le droit de toute personne de disposer de son image. En conséquence, elle peut s’opposer à la prise, diffusion ou reproduction et à l’exploitation de son image.

Votre enfant aussi a un droit à l’image. Si vous êtes confronté à la publication non désirée d’une photo de votre enfant, voici ce que vous pouvez faire :

  • Étape 1 : demandez à la personne en question de retirer la photo car elle a été publiée sans votre consentement. Il y a de fortes chances que la personne en question ne l’ai pas fait avec de mauvaises intentions.
  • Étape 2 : si la personne qui a publié la photo ne réagit pas, contactez le gestionnaire du site (webmaster) en lui demandant explicitement de retirer la photo car elle a été publiée sans votre consentement.
  • Étape 3 : si ni la personne en question ni le gestionnaire du site ne le font, vous pouvez aussi faire appel à la Commission vie privée et introduire une plainte officielle. La Commission entamera alors une médiation et s’efforcera de parvenir à une solution.
  • Étape 4 : vous pouvez bien sûr porter l’affaire en justice et passer devant le tribunal, mais la procédure est longue et peut s’avérer très coûteuse. Mieux vaut d’abord épuiser toutes les autres possibilités.

Dois-je donner mon autorisation pour la publication de photos de mes enfants ?

Pour que la famille puisse voir les enfants grandir, pour partager des choses avec des amis habitant loin, par fierté et par amour de vos enfants, vous êtes facilement tentés de partager sur les réseaux sociaux des photos de ces derniers. Mais cet acte apparemment anodin peut être en vérité lourd de conséquences pour eux.

Vous pouvez octroyer le consentement en tant que parent des façons suivantes :

  • Par écrit : cela peut se faire par exemple au moyen d’un formulaire à signer au moment de l’affiliation à une association ou à un club. Ce formulaire devra contenir une clause stipulant que des photos ciblées ou non ciblées pourront être prises ainsi que, idéalement, les droits que vous octroie la loi sur la vie privée.
  • Verbalement.
  • Tacite – comme le montre l’exemple suivant : imaginons que vous soyez chargé de faire le compte rendu de la fête annuelle pour le site Internet de l’école ou du tournoi régional pour le site Internet du club de foot. Vous décidez évidemment de l’agrémenter de photos. Le but n’est pas de tirer le portrait des personnes présentes, au contraire, vous réalisez des photos non ciblées, qui ne visent personne en particulier. L’objectif est simplement de rendre l’ambiance du match de foot ou de la fête. En général, des personnes du public apparaissent également sur ces clichés. Comme ces personnes peuvent raisonnablement s’attendre à apparaître sur ce genre de photos, on part du principe qu’elles y consentent de manière tacite. Par contre, utiliser ces photos par la suite pour faire de la publicité pour l’école ou le club de foot ne fait pas partie de ce à quoi les personnes photographiées pouvaient s’attendre, ce n’est donc pas permis.

Parfois, vous n’avez pas besoin de consentement. Les principaux cas sont ceux des photos prises dans des lieux publics lorsque les personnes ne sont pas identifiables, les photos d’une foule ou de personnages publiques.

Nos conseils clefs si vous prenez et partagez des photos de vos enfants :

  • Protégez la page où sont publiées les photos de votre enfant des moteurs de recherches.
  • Protégez le site où elles sont publiées avec un mot de passe.
  • Assurez-vous qu’une photo ne peut pas facilement être copiée ou sauvegardée, en y ajoutant un filigrane (une image transparente).

“Gare aux photos de son enfant sur le web” : vie privée, photos gênantes, droit à l’oubli, risques judiciaires… Un dossier a découvrir dans les pages du Ligueur des parents.


Le sharenting, c’est quoi exactement ?

Young mother photographing her cute little son posing on a park bench

Le phénomène du « sharenting » contraction angliciste des mots « share » = partager, et « parenting » = être parent) ou le partage de photos d’enfants sur les réseaux sociaux. Selon une étude américaine, 72% des parents se sentent moins seuls grâce au sharenting  et ceci leur permet d’être en contact avec d’autres parents avec qui ils peuvent s’échanger leurs expériences en tant que parents et parler de sujets plus difficiles. D’autre part, le sharenting peut aussi être nocif. D’après la même étude, 74% des parents interrogés connaissent un parent qui partage trop d’informations sur ses propres enfants et dans 56% des cas, il s’agit d’une photo gênante de l’enfant. Mais ce geste courant peut poser de nombreux problèmes, à la fois pour le futur de l’enfant et pour sa relation à ses parents. Partager trop d’informations inappropriées d’un enfant peut engendrer des risques comme nuire à sa réputation en ligne ou mener au cyber-harcèlement.

Plus d’informations au sujet du « sharenting », rendez-vous sur le site de Commission de la protection de la vie privée ici : https://parents.jedecide.be/7/sharenting

Nos conseils clefs :

  • Donnez l’exemple ! Votre enfant est ce que vous lui transmettez, il se développe en fonction de ce qu’il reçoit de vous et de son environnement social dans lequel il baigne.
  • S’il est assez grand, demandez l’avis de votre enfant avant de poster une photo de lui.
  • Avant de publier, réfléchissez  à l’impact que l’image pourrait avoir si elle était diffusée. Pourrait-elle lui porter préjudice à un moment dans sa vie ?
  • Réglez vos paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux et applications de partage avant chaque publication.

 

Qu’en est-il de la photo de classe qui est également disponible sur le site Internet ou sur la page Facebook de l’école ? Rendez-vous sur le site de Commission de la protection de la vie privée ici : parents.jedecide.be/droit-image-photos-de-classe1